Histoire de Rollot

Patrimoine et histoire de Rollot

Blason de la Commune

Description héraldique

Parti mi coupé, d’or à la tour de gueules, de sinople à la feuille de houx d’argent, de gueules à la barre d’argent. Au Chef sur le Tout d’Azur chargé d’une plume d’argent et de sable, d’une fleur de lys d’or et d’un besant du même.

Explications

La partie gauche symbolise non seulement les armes des de la Tournelle, seigneurs de Rollot aux XIIe et XIIIe siècles, mais aussi le château de Rollot situé à l’emplacement de la motte féodale et qui subsiste encore de nos jours.

La partie inférieure à droite est inspirée des armes des de Roye et symbolise l’ancienne chaussée romaine (chaussée Brunehaut) allant de Beauvais à Bavay et qui traverse Rollot du Sud à l’Est.

Au-dessus, la feuille de houx sur fond vert reprend les armes du Chapitre de l’église collégiale de Rollot.

Le niveau supérieur est également inspiré des armes des de Roye. On y trouve une fleur de lys entourée d’une plume en souvenir d’Antoine Galland, le premier traducteur des Mille et une Nuits, et d’un disque pour symboliser le célèbre fromage de Rollot qui avait cette forme dès le XVIe siècle.

Finalement, les cinq « meubles » que sont la tour, la feuille de houx, la plume, la fleur de lys et le disque évoquent aussi les cinq grands quartiers de Rollot que sont Regibaye, Beauvoir, la Villette, la Madeleine, et le centre de Rollot.

Rollot, commune située dans le Santerre, première commune du canton après Montdidier, multiplie les spécificités :

  • Commune la plus méridionale de l’actuel département de la Somme.
  • L’une des plus longues communes du département de la Somme avec plus de deux kilomètres qui s’étirent d’est en ouest.
  • L’une des communes du département qui possède la plus forte déclivité. Avec un point culminant à 126 mètres et un point bas à 82 mètres, on en déduit une dénivelée de 44 mètres.
  • Rollot bien qu’appartenant au département de la Somme est fortement ancrée dans le département voisin de l’Oise, puisque sur sept communes limitrophes, cinq appartiennent au département de l’Oise.

La commune compte quelques quartiers et hameaux autrefois séparés de la commune : la Villette à l’ouest, Regibaye au nord, la ferme du Moulin Lévêque à l’extrémité ouest, la Madeleine à l’Est.

l’abbé Godard a été lauréat du concours Leprince en 1891 pour sa « Notice historique de Rollot». En voici un extrait :
« Lorsque le voyageur qui va de Rollot à Compiègne en suivant la route nationale n°35 a laissé le village d’Assainvillers et s’est avancé encore de deux ou trois kilomètres, il voit le pays changer d’aspect ; après les plaines immenses et nues qu’il vient de traverser, il se trouve au milieu de fraîches prairies plantées pour la plupart de pommiers et entourées de haies : on dirait un coin de Normandie avec ses plantureux pâturages. Quelques pas encore et il rencontre des habitations. Ce sont les premières maisons du village ou si l’on veut du bourg de Rollot, caché et perdu en quelque sorte dans un océan de verdure. »

Préhistoire et antiquité

Le territoire de Rollot a été occupé par l’homme depuis les temps préhistoriques. Pour preuve, de nombreux silex (taillés ou polis) ont été découverts, principalement au Bois des Sapins.

L’époque gallo-romaine a laissé de nombreuses traces dans le sous-sol de Rollot, entre autre deux importantes villas gallo-romaines avec leurs dépendances (essentiellement à l’ouest du territoire), des céramiques et des monnaies (plus de deux mille), telle que cette pièce de monnaie du début du IVe siècle trouvée à Rollot en l’an 2000 représentant le buste lauré et cuirassé de Maximien Hercule sur l’avers (avec l’inscription D.N.MAXIMIANO.P.F.S.AUG) et le Génie du peuple Romain tenant une patère de la main droite et une corne d’abondance de la main gauche sur le revers (avec les inscriptions GENIO.POP.ROM. et PLN).

Une chaussée Brunehaut traverse également le territoire du sud à l’ouest en passant par le quartier de la Madeleine. Cette chaussée romaine relie notamment les villes de Beauvais (Oise) et de Bavay (Nord). Au bord de cette voie, il a été découvert en 1875, un cimetière gallo-romain ou gallo-mérovingien près du Bois des Sapins : dans les tombes ouvertes se trouvaient de nombreuses poteries rouges et noires et quelques objets en bronze, fibules et agrafes.

Croix de guerre 1914-1918 avec palme

 Pour la belle attitude de la population en face des épreuves douloureuses de l’invasion de 1914 et surtout en 1918, une citation collective à l’ordre de l’armée a englobé 21 communes du Santerre, dont Rollot :

« Courageuses cités situées dans la zone de bataille, dont les habitants ont eu leurs biens saccagés et leurs demeures anéanties, dans les épreuves et en particulier au cours des combats de 1918, ont toujours montré la plus ferme constance et le plus ardent patriotisme, ont bien mérité du Pays ».

L’arrêté a été signé le 30 octobre 1920 par le Ministre André Lefèvre, il est paru au Journal Officiel de la République Française le 6 novembre 1920.

Le Ministre a remis la croix de guerre 1914-1918 pour la collectivité communale au Maire, M. Gérardin, au cours d’une cérémonie émouvante dans les ruines de Montdidier.

Étymologie

Dans l’ancienne forme du nom, on trouve :

Roolots 1206 Richard, Évêque d’Amiens – Gallia Christiana
Roolai 1214 Dénombrement – Registre de Philippe Auguste
Roeloth 1229 Godefroy – Évêque d’Amiens
Roheloth ? Cartulaire de Fouilloy
Roolot 1249 Cartulaire de Froidmont
Roellot 1257 Évêché d’Amiens
Roelot 1301 Pouillé
Rolot 1567 Coutume de Montdidier
Roollot 1730 Carte de Cassini   (Bibliothèque Nationale de France)
La Neuville les Rollot fin XVIIIe Carte de l’arrondissement de Montdidier  (conservée à la Bibliothèque d’Abbeville)
Rollot À partir du XIXe Tous documents

Parmi les hameaux ou écarts, on trouve :

Pronac

De toute évidence, il s’agit du berceau historique de Rollot. Le quartier dit du « Pronac » est toujours au cœur de la commune de Rollot.

Prunastri (Pronastre) 1114 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Prunastri (Pronastre) 16 juin 1115 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Prunastrii, Pronastrii (Pronastre) vers 1140 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Prunastri (Pronastre) 8 juillet 1171 ou 1172 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Pronastri (Pronastre) vers 1172 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Pronastre (Pronastre) 1200 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne

La Villette

Vilula (La Villette-lès-Rollot) 1191 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
le Vilete (La Villette-lès-Rollot) mai 1201 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Villula, la Vilete (La Villette-lès-Rollot) 1213 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
le Vilete (La Villette-lès-Rollot) mai 1231 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
la Vilete (La Villette-lès-Rollot) 22 juin 1383 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne

Aucune trace ne permet de faire remonter l’origine de cet ancien hameau avant 1191.

Regibaye

Nous pouvons faire remonter l’origine de cet ancien hameau dès 1191.

Regibai (Regibaye) 1191 Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne
Regibai (Regibaye) 1229 Cartulaire de Bertaucourt
Regibay (Regibaye) 1567 Coutume de Montdidier

Beauvoir

Les écrits manquent concernant cet ancien hameau.

Beauvoier (Beauvoir) 1230 Dénombrement de la terre de Nesle – dans le dictionnaire topographique de Garnier
Beauvoir-les-Rollot (Beauvoir) 1422 Rollot et ses dépendance de l’abbé Godard – 1891 – au sujet du mariage de Nicolas Brouilly avec Marie Fourmentin

Géologie

La majorité des communes de la Somme repose presque directement sur la craie déposée au crétacé supérieur ou sur les célèbres limons fertiles déposés au quaternaire, voire sur des terrains lœssiques quaternaires.

Rollot présente une variété géologique plus importante. La craie déposée au campanien affleure au sud du territoire. Son extraction dans des quantités importantes permet même de laisser croire à des falaises mortes.
Sur une importante partie du territoire, se trouve au-dessus de cette craie des sables jaunes ou verdâtres d’une épaisseur allant jusqu’à dix mètres et contenant de nombreux fossiles (dents de requins, coquilles d’huîtres, etc.) ; ces sables appelés sable de Bracheux ont été déposés au thanétien supérieur dans une mer chaude. Localement, des grésifications apparaissent et sont appelées selon, calcaire de Mortemer ou marnes de Marquéglise. Plus tard à l’ère tertiaire, au sparnacien, une transgression marine laisse une épaisse couche d’argile et de lignite.
Au quaternaire, le territoire de Rollot fut recouvert d’une couche plus ou moins épaisse de limons lœssiques.

La couche d’argile sparnacienne étant à faible profondeur, la forme vallonnée du territoire Rollotois impose à l’eau de pluie un cheminement particulier. La nappe phréatique n’est jamais loin sous la terre, l’eau étant bloquée par la couche d’argile. Il en résulte une humidité importante et des essences végétales spécifiques aptes à s’adapter au terrain. Rollot est ainsi connu pour son espace bocager et semi-bocager.
Ce type d’écosystème est rare en Picardie. La majeure partie du territoire a donc été classé en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique) tant la végétation que la faune (et notamment avifaune) sont exceptionnelles, voire rares.

 

Le fromage de Rollot

Un des produits qui a fait la renommée de Rollot durant des siècles est son fromage au lait de vache de la famille des pâtes molles et croûte lavée. Ce fromage, le seul fromage picard (au sens de la Picardie historique qui comprenait l’Amiénois, le Ponthieu – dont le Vimeu, le Santerre, le Thiérache, le Vermandois), est toujours très apprécié de nos jours.

Le plus ancien document évoquant ce fromage que nous avons découvert est un bail datant de 1576.

En mai 1678 un certain Louis René Joseph de Bourges servit à Louis XIV des rollots. Le roi les trouva si savoureux qu’il le nomma sur le champ  « fromager royal » et attacha à ce titre singulier une pension de 600 livres transmissible aux descendants.

Il se vendait en 1873 au marché à fromages de Rollot, cinq cent douzaines de rollots par semaine !

Le patrimoine de Rollot

Avant 1789, Rollot possédait au moins trois églises. Seules deux églises nous sont parvenues.

Rollot conserve une motte féodale abritant une cave médiévale du XIIe siècle.

Rollot possède deux Monuments aux Morts.

4 calvaires sont toujours présents à Rollot.

Église Sainte Marie à la Madeleine

L’église de la Madeleine, fondée par Pierre de la Tournelle vers 1150/1151, appartenait au chapitre de Saint Corneille de Compiègne, où jusqu’à cinq chanoines officiaient. Vendue à la Révolution (le 20 avril 1791), elle fut d’abord convertie en habitation. Il ne subsiste presque plus de ruines.
Le cimetière qui entourait cette église a complètement disparu.

Église Saint Germain l’Auxerrois à la Villette

            

L’église de la Villette dédiée à St Germain l’Auxerrois, est l’église paroissiale jusque vers 1849, époque où les rôles s’inversent : l’église St Nicolas est déclarée et reconnue église paroissiale à son tour. Les offices se font dès lors à St Germain, des Rameaux à la Toussaint et le reste de l’année à St Nicolas. Et ce, jusqu’à la 1ère guerre mondiale où les églises sont détruites.

À l’issue de la Grande Guerre, le Conseil municipal vote le 27 juillet 1924 la reconstruction « d’une grande chapelle en remplacement pour perpétuer le souvenir de l’église détruite et pour conserver…un édifice à l’usage du culte pour le service des enterrements suivant un usage immémorial ».
C’est finalement une nouvelle église construite en style Néo-Roman qui verra le jour dans les années 1930. Et pour être en accord avec le vœu de la municipalité de l’époque, l’autel a la particularité de présenter un transi sculpté : « le Christ mort sur le linceul ouvert ».

Le bénitier, vestige des ruines, est en pierres de Montières. Il porte la date de 1654.

Les magnifiques fresques d’Eugène Chapleau sont une des particularités de l’église. Eugène Chapleau (1882-1969) est un des plus grands peintres fresquistes de son époque. Il travailla avec un des plus grands architectes d’après guerre, Louis Barillet. Dans le cœur de cet édifice, se trouve une fresque datant de 1933 représentant la mort de Jésus sur le Golgotha. Dans la chapelle méridionale, une statue élancée de la Vierge à l’enfant sur une colonne fait corps avec une fresque datant de 1924 représentant des anges.

Les superbes vitraux, qui ont été restaurés au début du XXIe siècle, sont signés Burgsthal.

L’église de la Villette est entourée par le cimetière de la commune.

En face de l’église de la Villette se trouve la fontaine St Germain, un édicule avec un autel dédié à ce Saint. Autrefois la fontaine faisait l’objet d’un pèlerinage (le 31 juillet, fête du St patron).

Église du Sacré-Cœur / Saint Nicolas

       

À l’origine, les seigneurs de la Tournelle firent bâtir une église à proximité de leur forteresse. Devenue trop petite en cette fin de XIXe siècle, M. le Chanoine d’Hallu fit un don considérable afin de remplacer l’ancienne petite église par une autre église bien plus grande. C’est ainsi que l’église du  Sacré-Cœur fut consacrée le 11 septembre 1895. Cette église dominait littéralement le Santerre du haut de ses 52 mètres.

L’église du Sacré-Cœur fut pulvérisée fin mars 1918 lors de l’offensive Michel. L’église Saint Nicolas fut construite après la Grande Guerre sur les ruines de l’église du Sacré-Cœur.

Le baptême des cloches s’est déroulé le 27 septembre 1931.

L’église Saint Nicolas est dotée de magnifiques vitraux signés Burgsthal, Barillet et Dhallu.

La motte castrale de Rollot et l’ancienne forteresse

 

Au lieu-dit Le donjon ou Au château, subsiste miraculeusement une motte castrale abritant une cave voûtée du XIIe siècle. Il s’agit d’un vestige de la forteresse de Rollot. À proximité se trouvent des traces d’anciens fossés et de nombreuses pierres calcaire.

La forteresse de Rollot aurait été démantelée en 1437, en pleine guerre de cent ans.

Le château de Regibaye

Construit à une époque indéterminée, le château de Regibaye a subi au cours de l’histoire de nombreuses péripéties.

En décembre 1568, en exécution d’un édit prescrivant la saisie des biens appartenant aux réformés, le lieutenant général du baillage fit saisir la terre de Regibaye appartenant à Aubert Leclerc, écuyer.

Le 21 août 1749, un inventaire du domaine est dressé au nom de Paul Laurent Vollard, seigneur de Léglantiers, seigneur de Regibaye et son épouse dame Françoise Andrée Silénie Raymond. Le château semblait en mauvais état et de nombreuses réparations étaient urgentes. Autour du domaine se trouvaient de nombreux bâtiments : granges, étables, écuries, hangar pavé de pierres de Mortemer, ainsi qu’un colombier au milieu de la cour. Le corps de logis était de 3 étages. Dans les nombreuses chambres parquetées se trouvaient de grandes cheminées en chêne. Dans la cave voûtée, se trouvait un fournil et un four.

Endommagé lors de la Grande Guerre, le château a été partiellement reconstruit.

Le monument Galland

   

C’est le 20 juin 1851 que le bourg de Rollot rend hommage à son illustre enfant, Antoine Galland sur l’initiative de Jean-Baptiste Debourge. C’est ce jour là, dans le village pavoisé de drapeaux, orné de verdure, arborant des arcs de triomphe fleuris, que la place du Marché est devenue « Place Galland ». C’est Mme Detrémont-Desachy mère de Joseph Félicien Detrémont le statuaire qui dévoila cérémonieusement le buste sur son piédestal devant les regards admiratifs de la foule.

Hélas, la Grande Guerre n’épargnera pas ce monument. Les Allemands s’emparent du bronze à des fins d’armement.

Un nouveau monument est érigé et inauguré discrètement en mars 1929 ; le sculpteur est M. Navarre.

Lors de la seconde Guerre Mondiale, le maire, Émile Raoux, a caché le buste de Bronze en lieu sûr afin de lui épargner la même mésaventure.

Le Monument aux Morts de la Villette

Il fut érigé par souscription publique peu après 1902 à la mémoire de plusieurs enfants de Rollot décédés durant leurs obligations militaires (Enfants de Rollot morts pour la Patrie). Il fut inauguré le mercredi 10 février 1904. D’après les Archives Départementales de la Somme (10 R 1099), il est vraisemblable qu’il existe une sépulture sous ce monument.

Ce monument a été réalisé par un artisan de Maignalay, H. Van Den Hegke.
Il souffrit de la Grande Guerre : il est criblé de balles. D’ailleurs, une plaque posée au sol le rappelle : « Ce monument porte les traces du bombardement subi au cours de la guerre 1914 à 1918 ».

Le Monument aux Morts (centre de Rollot)

Le deuxième Monument aux Morts de Rollot a été inauguré le dimanche 26 septembre 1926. Le programme s’intitulait « La fête du Souvenir ». Ce monument, représentant « l’Adieu », est l’œuvre d’Albert Roze, célèbre sculpteur d’Amiens.
La sculpture a été financée par souscription publique. A noter que Rollot possédant déjà un Monument aux Morts, il ne lui fut attribué aucune subvention !

Biographies de Rollotois

Antoine GALLAND (Rollot, 6 avril 1646 – Paris, 17 février 1715)

Homme simple, sans fortune, travailleur acharné, il accompagne le marquis de Nointel, ambassadeur à Constantinople et devient Académicien des Inscriptions et Belles Lettres, Professeur de Langues Arabes au Collège Royal, Antiquaire du Roy, écrivain… et traducteur des Contes « Mille et une nuits ».

Pierre Louis JORET (Rollot, 28 octobre 1761 –  Paris, 3 septembre 1792)

Bienheureux, victime des Massacres de 1792.

Né à Rollot le 28 octobre 1761, il se rattacha au diocèse de Beauvais en 1784 et fut ordonné prêtre à Rouen en 1786. Il est arrêté à Paris rue des Fossés Saint Victor le 13 août 1792 puis transféré comme prêtre réfractaire à la prison du séminaire Saint-Firmin où il est assassiné le 3 septembre 1792. En 1926, il est béatifié en étant déclaré Bienheureux par le Pape Pie XI.

François HARMANT (Rollot, 22 novembre 1776 – Rollot, 18 avril 1861)

« Voilà, un brave »
Il prit part à la campagne d’Égypte « la bataille des pyramides » (1798) et Marengo (1800) où il se distingue et reçoit un « fusil d’honneur ».
Il reçoit les insignes de l’ordre Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de l’Empereur Napoléon Ier (1804 à Boulogne), Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809).
Il est fait prisonnier au Portugal où il s’échappe (1810). Il est nommé Capitaine (1815) et reçoit sous le second empire la médaille de Sainte-Hélène.

Joseph HARMANT (1794 – 1873)

Il commence ses études à Montdidier puis à St Acheul à Amiens. Il entre de bonne heure dans l’enseignement, passe avec succès ses examens Licence ès lettres. Il entre comme professeur au collège Henri IV en 1820 et est nommé Officier de l’Académie puis Officier de l’instruction publique. Il se marie avec Estelle Viollet le Duc qui est la tante du célèbre architecte Eugène Viollet le Duc.

Jean-Baptiste DEBOURGE (1803 – 1870)

Docteur en médecine, il exerce à Rollot et participe activement à la vie sociale et politique de la commune.

Féru d’histoire locale et soucieux de valoriser le passé du bourg, le docteur Debourge obtient, le 27 novembre 1849 du Préfet de la Somme, la constitution d’une commission chargée d’édifier un monument à l’hommage à l’orientaliste Antoine Galland. La cérémonie d’inauguration du monument se déroule le 29 juin 1851 en présence de nombreuses personnalités.

Il a été commandant de la 49e compagnie de Sapeurs pompiers de la Somme. Il fonde en 1856 une société de secours mutuels. Et en 1865, il fonde encore la société pour la gratuité et les progrès de l’enseignement primaire. Parallèlement, il est un écrivain fécond.

Il fut membre de nombreuses sociétés Savantes, Chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique en 1868, lauréat de plusieurs sociétés, et honoré de nombreuses médailles dont cinq de l’Académie Universelle de Paris.

Chanoine D’HALLU (Rollot, 11 mai 1840 – Amiens 16 août 1920)

Enfant d’une famille de tanneurs de père en fils.
Marie Camille Arthur d’Hallu est ordonné Prêtre le 23 décembre 1865, il devient chanoine au chapitre de la cathédrale d’Amiens en 1881. Mgr l’évêque lui confie la rédaction du « journal du Dimanche ». Sans souci de la dépense, il a voulu voir s’élever dans le bourg de Rollot un édifice majestueux. L’église du Sacré-Cœur est consacrée le 11 septembre 1895. Cette superbe église a été financée en grande partie sur ses fonds propres. La générosité de M. l’abbé d’Hallu ne s’arrête pas là, il dote le village également d’un presbytère et de deux écoles chrétiennes.
La fin de sa vie a été assombrie par maintes épreuves. De tout ce qu’il avait édifié avec tant de désintéressement, il ne reste que ruines et souvenirs.

Louis Émile Voyer (Joinville-le-Pont, 20 mars 1874 – Montdidier 16 septembre 1964)

Le 11 novembre 1920, deux ans après l’Armistice de la première guerre mondiale se déroulait à Paris sous l’Arc de Triomphe la cérémonie d’accompagnement du Soldat Inconnu. Pour cette occasion, une garde d’honneur composée de 25 « poilus » rescapés de cette guerre a été constituée. Parmi ces 25 soldats figurait le première classe Louis Voyer, Rollotois d’adoption